Patrimoine ordinaire

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Un autre habitat

Au-delà de la raison environnementale, transformer des bureaux en logements est sans aucun doute une opportunité pour proposer un autre habitat, dicté par une lecture singulière des existants qui dépasse les cahiers des charges et programmes conventionnels. Admettre une mono-orientation, une profondeur de plan atypique, une hauteur extra- ordinaire, un rapport au ciel à défaut d’espaces libres au sol, c’est replacer l’acte d’habiter et celui de le concevoir dans une autre conscience, celle dictée par les lieux prédéfinis.

La raison urbaine

La réalité urbaine de certains immeubles tertiaires, à l’aune, pour les villes, d’une période de grande révision réglementaire, en l’occurrence territoriale, est une très belle opportunité pour redessiner certaines limites et autres franges administratives et considérer certains actifs dans un autre périmètre, une nouvelle dynamique.
Cette situation se retrouve très souvent en ce moment dans les Hauts-de-Seine où la tertiarisation tardive, dans les années 1990, de secteurs attractifs bien desservis par les transports, devient aujourd’hui un gisement pour une offre potentielle de logements. Des projets très qualitatifs et en cours sont là. C’est un véritable moteur d’activation, au cœur d’un paysage constitué de vues souvent imprenables, de rez-de-chaussée déjà connectés, de stationnements et, il faut le souligner, une générosité des surfaces rétrocédées aux futurs habitants. C’est aussi un foncier à nouveau disponible, un foncier plus que rare, précieux lorsqu’il n’est pas construit, mais qui est déjà artificialisé. Il rebat les cartes du modèle économique de la production du logement privé, aujourd’hui à bout de souffle. Dans un autre contexte, considérer un immeuble de bureaux dans un front bâti constitué, un quartier habité de centre-ville, offre une belle opportunité d’inscrire de nouvelles typologies, de réenchanter des écritures architecturales parfois jugées désuètes, de toute façon devenues obsolètes et « hors normes » dans une réalité tertiaire qui, elle aussi, doit s’inscrire dans une transition énergétique. Le projet développé rue Dassault par Fresh architectures est de ceux-là.

Un patrimoine du XXe

Décider de réhabiliter, transformer plutôt que démolir, c’est bien sûr un engagement écologique, l’on s’accorde tous à le penser aujourd’hui, mais c’est aussi consolider un certain patrimoine, celui du XXe siècle, lui donner une valeur. Ce patrimoine, parfois véritable marqueur d’une période architecturale, est souvent jugé « ordinaire ». Le démolir sans le réinterroger reviendrait à l’effacer, au risque d’une banalisation de nos paysages, d’une perte identitaire qui à mon sens n’est pas souhaitable. Il me semble enfin que cette valeur replace le couple architecte / ingénieur au coeur du sujet. C’est l’association du regard de l’architecte et de la compréhension des possibles interventions techniques (qui ne sont pas souvent lourdes, bien au contraire), qui nourrit la conception d’autres formes d’habiter et réenchante l’expression « la ville sur la ville ». Une pensée plutôt joyeuse non ?

« La tertiarisation tardive, dans les années 1990,de secteurs attractifs bien desservis parles transports, devient aujourd’hui un gisement pour une offre potentielle de logements. »