Trame de céramique et de lumière

France, Paris
 L’avenue Montaigne est l’une des artères majeures du Triangle d’or parisien, qui en matérialise l’un des côtés. Reliant le rond-point des Champs-Élysées à la Seine, elle est devenue l’un des repères de l’industrie de la mode et du luxe. De nombreuses maisons y ont égrainé les plus flamboyants de leurs points de vente, qui rivalisent désormais d’audace en matière de mise en scène. Si le style haussmannien caractérise l’architecture de ce quartier parisien, il ne formate pas non plus l’avenue, comme en témoigne le portique à l’antique ornant la façade du 54. Témoin d’une époque où l’industrie était sacralisée, il marque théâtralement l’entrée de ce qui fut au départ la concession du prestigieux constructeur automobile Panhard & Levassor. Ce n’est qu’un peu plus tard, dans les années 1920, que le quartier a été marqué par l’arrivée des stylistes et créateurs vestimentaires. 

Aujourd’hui, les dimensions de l’édifice, sa situation, la liberté architecturale autorisée par le contexte avaient tout pour en faire la maison mère, le landmark, d’un grand nom de la mode. Le traitement extérieur a été pensé comme celui d’un objet précieux qui attire les regards et dont l’étoffe scintillante vient miroiter dans le tissu urbain. Agencée avec la précision d’une maille artisanale, la façade a été recouverte d’une multitude de picots en porcelaine qui forment une trame à l’impact visuel marquant.
S’engage alors un dialogue entre les matériaux et les époques : la sobriété contemporaine et l’ornement classique, le miroir et la minéralité mate, l’agencement de fibres et la surface unie de la pierre.
Jouant avec la lumière du jour, ce revêtement fait miroiter la surface du bâtiment, lui donne vie par des nuances changeantes. Il renforce ainsi sa visibilité, et, associé à la puissance d’expression du portique, lui confère une identité forte dans la grande diversité architecturale de l’avenue. À l’intérieur, l’esprit du lieu est retrouvé tel que conçu initialement, c’est-à-dire dans la longueur, pour bénéficier des dimensions de l’ancienne halle vitrée. La suppression du bâtiment en cœur d’îlot et la récupération de la surface des parkings permettent de dégager un vaste espace qui exploite toute la profondeur de la parcelle et se déploie du sous-sol au rez-de-chaussée pour former un volume unique qui s’appréhende dès le portique passé. 

« Oser bousculer l’architecture de l’avenue Montaigne en préservant un équilibre subtil entre classicisme et audace. C’est ainsi que nous avons proposé d’innover et créer un écrin de porcelaine. »
  • Adresse
    54 avenue Montaigne, 75008 Paris
  • Collaborateur FRESH
    Julien Rousseau
    Stéphane Pereira
    Guia Cimino
    Thomas Rouillon
  • Programme
    Réhabilitation d’un immeuble de bureaux et commerces 
  • Surface
     2 100 m²
  • Coût
     13 M€ HT 
  • Maîtrise d’ouvrage
    Chelsfield pour le GroupeOlayan
  • Partenaires
    Bollinger+Grohmann
    ALTO ingénierie
    Bellapart
    Solstice Atelier
    Atelier Miething
    Bernardaud
  • Performance
    NC
  • Statut
    Livré
  • Année
    2021