Enrichir le littoral par son hinterland et réciproquement

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Qu’entend-on par littoral ?

C’est la bande de terre entre la mer et la terre ferme, par opposition à l’hinterland, qui intègre le bassin versant d’un fleuve, qui se jette par définition dans la mer ou l’océan ! Cette distinction définitive entre littoral et hinterland s’oppose à une réalité, celle de l’hydrologie qui s’évertue légitimement à aborder l’eau comme une masse globale associant toutes les eaux dans une même dynamique. Elle traduit néanmoins une autre réalité, celle de l’urbanisme, qui sature le littoral et maltraite ses coulisses. Aborder l’aménagement de cet ensemble géographique comme un tout, sous l’angle de l’hydrologie, permet d’apporter des réponses à des enjeux dépassant largement ceux de l’eau, en redonnant tant à la ville qu’à sa campagne servante des atours plus naturels, c’est-à-dire plus contemporains.

Aborder l’urbanisme côtier au regardde toutes les dynamiques hydrologiques,pour un territoire sain, sauf et agréable

Il est fréquent, si ce n’est systématique, que la ville côtière soit installée à la rencontre du fleuve et de la mer. En se développant, elle a imperméabilisé les sols, et plus ou moins canalisé voire enterré le fleuve.
La rupture entre littoral et hinterland est alors consommée. Ainsi, lorsqu’il pleut un peu, l’eau ne s’infiltre plus, drainée par les égouts, ne rechargeant pas les nappes. Lorsqu’il pleut beaucoup, l’eau ruisselle, déborde du fleuve trop contraint dans ses digues, et vient inonder la ville : en témoignent les catastrophes récurrentes sur les fronts méditerranéens. L’urbanisation par son impact sur les sols a transformé l’eau de pluie « ressource » en eau de pluie « risque ». À nous urbanistes, d’adapter nos interventions pour reconférer à l’eau ses qualités salvatrices.

En réassociant le littoral et son arrière-pays que dessine et draine le fleuve, en rendant poreuse les villes, c’est-à-dire en débitumant au profit de plus de nature, en retrouvant des ruisseaux et du bocage dans les terres agricoles, l’eau de pluie vient revivifier les sols superficiels et profonds. Elle recharge et renforce les nappes d’eau claire. C’est le défi majeur de nos prochains projets car cela garantit la ressource en eau en période estivale, tout en répondant à des objectifs plus globaux. Le premier est de repousser les nappes d’eau salée qui insidieusement tendent à se mêler aux nappes d’eaux claires affaiblies, pénétrant dans les terres, les rendant impropres à l’agriculture. Le second est de lutter contre l’enfoncement des villes côtières causé par leur poids croissant et la contraction des sols liée à leur assèchement, rendant celles-ci plus vulnérables encore aux submersion marines.

Signifier la mer jusque dans les terres

Mieux associer l’hinterland à son littoral permet par ailleurs de redonner toute sa place au cours d’eau qui traverse et active ces deux géographies. Le fleuve constitue ostensiblement une continuité forte associant l’un à l’autre, une continuité géographique, également historique et patrimoniale, à en croire notamment la toponymie généralement associée. Il s’impose naturellement comme une colonne vertébrale, que ses affluents prolongent en squelette d’un territoire, associant dans une même logique un ensemble de paysages différents : marais, espaces agricoles, ruisseaux, plans d’eau, voirie, zones urbaines périphériques et centrales, plages et horizons maritimes.

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